Hervé Morin, arrête ton char !
Mardi 2 septembre dernier, en rentrant de réunion, j'ai pas hésité à regarder le reportage de TF1 sur la guerre en Afghanistan, non, le maintien de la paix et la
reconstruction de l'Afghanistan. Je préfère le dire tout de suite, le reportage sentait un peu l'arnaque, comme dans la tradition de la maison Bouygues, c'est à dire du béton à bas coût, en
attendant la baisse du SMIC tant demandée par les membres du MEDEF.
Quelques jours après l'attaque du 18 août qui fit polémique jusqu'aux plus hauts rangs des institutions de la "République Bling-Bling", TF1 tenait là un "scoop" devant la ménagère de moins de
50ans, et la voix off de ce documentaire digne de Coppola expliquait clairement l'ambiance chez les afghans : la coalition était en guerre contre des Talibans plus remontés que jamais.
Le reportage démarrait par une vue d'un hélicoptère de l'armée française avec un fond musicla d'une chanson des Rolling Stones, "Under my Thumb". Franchement, ils auraient osé mettre la
célébrissime "Paint It Black", j'aurai alors applaudi des deux mains, et surtout, aurai éclaté de rire pour le rapprochement entre le bourbier historique de la guerre d'Indochine qui fue
poursuivie par la Guerre du Viet-Nam, et celle dans laquelle, on s'est engagé voilà 7 ans bientôt. A la question pertinente posée aux militaires français, leurs réponses ne furent pas positives,
l'un d'entre eux osant faire un signe négatif de la tête mais en se pincant les lèvres pour éviter surement de craquer devant la caméra.
Si on peut imaginer que derrière le caméraman git un officier, les soldats US eux, en ont plus dans le pantalon, n'hésitant pas à le dire que se faire balader entre l'Irak et l'Afghanistan, ils
commencent a en avoir ras le casque de se faire dézinguer. Pire, depuis le début de l'année, les Talibans commencent à reprendre du terrain, et n'hésitent plus à attaquer directement des bases US
solidement protégées à coups de mortier, de lances-roquettes ou de véhicules terrestres bourrés d'explosifs.
Lors d'une sortie des GI's dans un village afghan, la voix off n'hésite pas à citer la tranche d'âge des Boys en patrouille, 18-25 ans, comme pour prévenir d'une scène choquante : à l'heure
de la pause, on voit l'un d'entre eux s'exercer à faire des patés de sable afghan avec des moules en plastique envoyé par sa maman... scène vraiment choquante de ce que la meilleure armée du
monde puisse faire. Autre scène hilarante, de reportage qui vire à la caméra cachée, les GI's se retrouvent chez un agriculteur de ... pavot. Ah tiens, il me semble que cette plante permet de
financer les Talibans, selon les faux-cons de Washington. On le sait, depuis l'intervention US fin 2001, la production de pavot, qui sert à fabriquer l'héroïne et l'opium, a explosé après la
fuite des Talibans. Et les barons de la drogue sont des proches du gouvernement Karzaï...
Les reporters de TF1 s'attendaient à ce que les militaires américains crament au napalm où par un autre combustible ce champ de la honte, cultivé par ce salaud d'agriculteur. La bonne volonté des
journalistes va plus loin, à un moment, ils osent filmer un plant de cannabis et n'hésitent pas à prendre un GI's fumant une cigarette dont on ne sait pas si elles contenait de la mari-juana. Et
un des membres de l'équipe télé de poser avec toute ironie, et ignorance, s'il en faut, si le GI's connaissait le nom de la plante en question, il aquiésa en lachant une bouffée de fumée bien
épaisse, et ajouta qu'ils s'en moquaient. Le journaliste de TF1, surpris par l'indifférence des militaires face à ces deux poisons du "Diable" -selon les "talibans du christianisme"-
insista à savoir pourquoi ils ne cramaient pas ces plantes illicites. La réponse de l'un d'eux fut clair et nette : "on est pas ici pour ca". Autrement dit, on se shoote avec pour oublier
nos peurs.
Pour finir ce documentaire de guerre, TF1 glorifiait notre armée comme il se doit, sérieuse, efficace, pas comme ces drogués d'américains. On a pû voir nos bidasses découvrir un arsenal
d'éléments suspects, comme des chargeurs de téléphones mobiles, dans un petit village. Et pour parachever le prestige des fantassins français, une patrouille prise dans le feu de l'action, contre
une poignée de Talibans. L'ambiance était révélatrice, sans aide aérienne, nos braves soldats (comme le dirait les scoots du Renouveau Français) auraient fini comme ceux tombés le 18 août
dernier. Je n'oublierai pas non plus la brève censure sonore sur le vocabulaire employé par nos fantassins, censure qui a été abandonnée, peut-être parce que scoop oblige, et ce que mes oreilles
ont entendues, sont loin de satisfaire le Bon Dieu, et la Vierge Marie : "enculés de ta race", "bande de fils de pute"...
Là où le reportage devint suspect, à mes yeux et à mes oreilles, c'est au moment où nos petits flingueurs à la mitraillette de bois durent quitter une position, traverser un espace découvert sur
500 mètres, toujours selon nos journalistes, pour rejoindre leurs blindés, et tout ca, au pas de course. Et la voix-off d'ajouter : " un miracle qu'il n'y ai eu aucun blessé". Est-on sûr, qu'il
s'agissait d'une bande de Talibans qui tiraient en face ? Ou bien, sont-ils tous borgnes comme pour saluer sumboliquement le Mollah Omar ? Mieux, était-ce un exercice grandeur nature comme on
peut le faire pour mettre en condition nos tropupes de chocs???
A jouer les vierges éffarouchées en reprenant les journalistes, qui osent qualifier de guerre ce qu'il se passe en Afghanistan, Hervé Morin n'a pas fini de sortir de sa tranchée. La guerre de
position a des limites, et son char pédale dans le foutage de gueule, surtout aux aux familles des victimes.
Quand il nous reste plus qu'a signer dans l'armée ou dans la police en matière de contrat de travail, choisir entre la peste et le choléra, un conseil à ceux qui hésitent à signer, lisez Paul
Lafargue, vive le droit à la paresse et merde aux gradés !
"On n'oubliera pas que la guerre,
ne sera jamais la dernière,
tant qu'on verra ici où là,
défiler l'ombre d'un soldat."
Castelhémis.
Er. Q.